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Le mobilier est une épreuve directe avec le corps. Si l’architecture peut se tromper d’échelle et se contenter d’un « à peu près » ou d’un « un peu trop » sans pour autant se voir désaffectée, il en est différemment du mobilier. Il doit viser juste, car il n’a pas d’espace de médiation possible. La marge d’accoutumance est beaucoup plus faible. Un écart, une situation mal sentie et l’opprobre est jetée. Le corps se retourne contre l’objet soit dans une affligeante ignorance soit dans une brutalité excessive, soit enfin dans une tentative de détournement.

Les règles d’usage demandent un travail minutieux sur des fondements de base : qu’est ce que « s’asseoir » ? Qu’est-ce qu’ « attendre » ? Les postures sont-elles différentes dans une salle d’attente et dans un lieu public ? Comment ? La forme ne souffre pas d’arbitraire, elle doit répondre séance tenante au récipiendaire.

La petite échelle renseigne la grande échelle. Par le retour aux détails, elle énumère les angles morts de la grande échelle. Ce sont ces allers-retours salutaires qui permettent de relever et conserver nos exigences à toutes les échelles.

Connaître la dernière vis, c’est pour le concepteur l’assurance d’une maîtrise totale sur l’objet qui lui échappe en partie dans un projet à plus grande échelle. Dans le mobilier, la chance est grande de connaître la dernière vis, c’est-à-dire de se saisir de la totalité de l’objet en réduisant à zéro l’écart entre espace projeté et espace réalisé.

Pour nous, le mobilier s’envisage à l’échelle de cette dernière vis.

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